Robert Charlebois, OC, OQ
Auteur-compositeur, interprète
Auteur-compositeur, musicien et interprète, Robert Charlebois est devenu en plus de 40 ans de carrière une véritable icône de la scène musicale, au Québec et dans l’ensemble de la francophonie.
M. Charlebois fait ses débuts sur scène en 1962 alors qu’il assume la première partie du spectacle de Félix Leclerc, à la Butte-à-Mathieu. Trois ans plus tard, il se fait remarquer pour sa chanson La boulée, composée à l’âge de 16 ans, qui lui vaut le Grand Prix du Festival du disque.
Il révolutionne l’univers musical québécois en 1968 lors de son spectacle mémorable L’Osstidcho. Peu de temps après, il remporte le Grand Prix du Festival de la chanson française à Spa, en Belgique, pour ses deux chansons Lindberg et California. L’année suivante, il se produit pour la première fois à l’Olympia de Paris et au Festival pop de Toronto. Il obtient également le premier prix d’interprétation à Sopot, en Pologne, grâce à la chanson Ordinaire. Par la suite, il amorce une longue série de tournées au Québec, au Canada et en Europe, dont un célèbre périple ferroviaire pancanadien avec des figures marquantes de la scène rock américaine, comme Janis Joplin, The Band et The Grateful Dead.
Robert Charlebois a exercé une influence profonde sur de nombreux auteurs, compositeurs et interprètes québécois. Au fil des années, il a conquis l’estime de ses pairs et la ferveur de milliers d’admirateurs pour sa poésie, ses mélodies et son exceptionnelle présence sur scène, captées sur plus de vingt disques.
De nombreux honneurs lui ont été octroyés en reconnaissance de sa remarquable contribution : Prix de l’Académie Charles-Cros, Médaille d’or des Olympiades de la chanson, Prix de la Ville de Paris, Médaille de Vermeil de l’Académie française, Prix du Gouverneur général du Canada pour les arts de la scène et Félix Hommage de l’ADISQ pour l’ensemble de son uvre. M. Charlebois est Officier de l’Ordre national du Québec.
Eleanor Wachtel, CM
Animatrice radiophonique à la CBC
Animatrice à l’émission primée Writers & Company à la radio de la CBC, Eleanor Wachtel est la principale voix du journalisme littéraire au Canada. Elle contribue ainsi à mieux faire connaître le monde des lettres, de la culture et des arts. Au cours de sa carrière, elle a interviewé les plus grands romanciers, poètes, essayistes, biographes, critiques, cinéastes et dramaturges, y compris une douzaine de Prix Nobel et des écrivains réputés tels que Zadie Smith, Chinua Achebe et Joan Didion.
Mme Wachtel a redéfini le radiojournalisme littéraire et est reconnue de par le monde pour être une intervieweuse de premier plan.
Elle a obtenu un baccalauréat en littérature anglaise à l’Université McGill en 1969 avant d’entreprendre des études de deuxième cycle à la Newhouse School of Communications de l’Université de Syracuse. Elle a ensuite enseigné à l’Université Simon Fraser avant d’occuper divers postes dans le milieu de la radiodiffusion, dont celui de journaliste présentatrice, d’animatrice et de commentatrice artistique.
Depuis ses débuts, Mme Wachtel s’est illustrée à la CBC, notamment en tant que commentatrice à State of the Arts et journaliste à l’émission The Arts Tonight, qu’elle a ensuite animée pendant plus d’une décennie.
Elle a rédigé de nombreux articles, en plus de codiriger la publication de deux livres. Mme Wachtel a aussi fait paraître trois recueils d’entrevues de son émission et a contribué aux ouvrages à succès Dropped Threads: What We Aren’t Told (2001) et Lost Classics (2000). Dans son plus récent ouvrage, Random Illuminations: Conversations with Carol Shields (2007), consacré à l’écrivaine canadienne décédée en 2003 avec qui elle était amie, elle regroupe conversations, lettres et souvenirs personnels.
On dit par ailleurs que sa façon d’interviewer se démarque par son intérêt manifeste envers les uvres littéraires et leurs auteurs, qui se traduit par une préparation intensive et des recherches exhaustives. Ainsi, en une heure, son émission Writers & Company nous captive et nous permet de pénétrer l’univers des écrivains et de mieux comprendre leur travail.
En 2002, Mme Wachtel s’est d’ailleurs vu décerner le Jack Award pour sa contribution au rayonnement de la littérature canadienne. De plus, elle a été investie de l’Ordre du Canada en 2005.
Richard W. Pound, OC, OQ
Président fondateur de l’Agence mondiale antidopage
Ancien vice-président du Comité olympique international
Avocat, athlète, auteur et dirigeant universitaire, Richard W. Pound est mieux connu pour défendre courageusement les normes éthiques dans le sport amateur et professionnel. Membre du Comité olympique international depuis 1978 et président fondateur de l’Agence mondiale antidopage, il a toujours incarné le dévouement pour le bien commun au cours de son éminente carrière en administration publique et sportive.
M. Pound s’est impliqué dans presque tous les aspects du Mouvement et des Jeux olympiques. Il s’est notamment chargé des négociations, du marketing et des commandites en matière de télédiffusion des Jeux olympiques et a rempli les fonctions de secrétaire général et de président du Comité olympique canadien.
Athlète accompli, il a participé aux Jeux panaméricains de Chicago en 1959, a été double finaliste olympique aux Jeux de Rome en 1960 et a remporté quatre médailles (une d’or, deux d’argent et une de bronze) aux Jeux du Commonwealth à Perth, en Australie. Il est également membre du Temple de la renommée de la natation du Canada et a été un joueur de squash de calibre national.
Avocat et comptable agréé, il est diplômé de la Sir George Williams University (BA 1963) et de l’Université McGill (B. Comm 1962, B.C.L. 1967). De plus, il a été chancelier de l’Université McGill de 1999 à 2009 et entretient des liens étroits avec l’Université Concordia à titre de professeur associé au Département des sciences de l’exercice et président du cabinet de la campagne Loisirs et sports. En reconnaissance de ses contributions sans cesse renouvelées, l’Association des étudiants en sciences de l’exercice a ainsi créé le prix Richard-W.-Pound, remis à un finissant qui illustre les principes d’intégrité, de leadership et de service à la collectivité.
M. Pound a reçu plusieurs honneurs. Il est notamment lieutenant-colonel honoraire des Canadian Grenadiers Guards et officier de l’Ordre du Canada et de l’Ordre national du Québec. En 2009, il a reçu le prix Ernest T. Steward for Alumni Volunteer Involvement du Council for Advancement and Support of Education. Le magazine Time l’a d’ailleurs choisi comme l’une des 100 personnalités les plus influentes de l’année 2005.
Laurent Beaudoin, CC, FCA, OQ Ancien président et chef de la direction de Bombardier Inc.
Président du conseil d’administration de Bombardier Inc.
Au cours de son extraordinaire carrière de 45 ans chez Bombardier, M. Beaudoin a influencé la nature et la forme des transports sur les cinq continents.
Né à Laurier Station, au Québec, il obtient un baccalauréat ès arts du Collège Sainte-Anne en Nouvelle-Écosse et une maîtrise en commerce de l’Université de Sherbrooke. En 1961, il lance sa carrière dans la ville de Québec en fondant le cabinet comptable Beaudoin & Blais, qui devient rapidement Beaudoin, Morin, Dufresne & Associés.
En 1963, il entre au service de Auto-Neige Bombardier à titre de contrôleur, devient directeur général l’année suivante, puis président et chef de la direction dès 1966. À l’époque, l’entreprise fabrique des motoneiges conçues et commercialisées par le fondateur Joseph-Armand Bombardier. M. Beaudoin constate le potentiel de la technologie et des innovations de Bombardier et, surtout, envisage un avenir pour la motoneige dans le sport et le loisir.
Il oriente ensuite la croissance et la diversification de l’entreprise, d’abord dans le domaine du transport sur rail, puis dans l’aéronautique. En juin 2008, il cède ses responsabilités de président et chef de la direction à son fils, et garde celles de président du conseil d’administration de Bombardier Inc. Il est également président du conseil d’administration de Bombardier Produits Récréatifs Inc.
Aujourd’hui, Bombardier est un chef de file mondial dans la fabrication de matériel de transport sur rail et dans la prestation de services connexes, de même qu’en aéronautique, avec plus de 62 900 employés à l’échelle internationale. Elle est l’une des plus grandes entreprises de fabrication du Canada.
M. Beaudoin a reçu de nombreux honneurs. Il a notamment été nommé « chef de la direction de l’année » par le Financial Post et la Société Caldwell en 1991. Il a été couronné « personnalité de l’année » au Gala Excellence de La Presse en 1997 et intronisé au Panthéon de l’aviation du Canada en 1999. Puis, en 2007, il a remporté le prix « Woodrow Wilson for Corporate Citizenship » de l’Institut du Canada au Woodrow Wilson International Center for Scholars, situé à Washington. Enfin, il est compagnon de l’Ordre du Canada et officier de l’Ordre national du Québec.
Jean Chrétien, PC, OM, CC, QC
Ancien premier ministre du Canada
Un engagement indéfectible et une contribution remarquable à l’enseignement postsecondaire canadien auront marqué les nombreuses réalisations du très honorable Jean Chrétien à titre de vingtième premier ministre du Canada.
Né à Shawinigan, au Québec, en 1934, M. Chrétien étudie le droit à l’Université Laval avant d’être élu à la Chambre des communes en 1963. Quatre ans plus tard, il est nommé au gouvernement du Parti libéral par le premier ministre Lester B. Pearson; il occupera pendant 17 ans divers postes au sein du cabinet. Fort de cette riche expérience, il devient chef du parti en 1990. Trois ans après, il est élu premier ministre du Canada. Malgré la turbulence économique de l’époque, il réussit à redresser la situation financière du gouvernement fédéral tout en suscitant des efforts concertés afin d’accroître la compétitivité du pays dans une société du savoir.
M. Chrétien a largement axé ses initiatives sur le rôle des universités, notamment par le lancement de programmes spécialement conçus pour étendre leur capacité de recherche, améliorer leur infrastructure de recherche, conserver les cerveaux les plus brillants et favoriser l’accès à l’éducation. Sous son impulsion, le gouvernement a mis en place de nombreux programmes qui ont eu un impact majeur sur les étudiants, les professeurs et les établissements du pays tout entier : programmes de chaire de recherche du Canada, Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), prix de recherche de la Fondation Trudeau, Fondation canadienne des bourses d’études du millénaire, Fondation canadienne pour l’innovation, Programme de bourses d’études supérieures du Canada, Subvention canadienne pour l’épargne-études.
Ces initiatives ont changé la nature et la portée de l’enseignement supérieur au Canada. En reconnaissance de ses remarquables efforts, M. Chrétien s’est vu honorer en 2008 du prix David C. Smith pour « son leadership et son engagement indéfectible envers l’avancement de la recherche et de l’enseignement supérieur ». L’année dernière, il a reçu l’Ordre du mérite de Sa Majesté la reine Elizabeth II.
Julie Payette, CQ
Astronaute, ingénieure
Astronaute, ingénieure, scientifique et représentante éminente de l’Agence spatiale canadienne (ASC), Julie Payette redéfinit la notion de réussite.
Avant son ascension fulgurante, Mme Payette a fréquenté le United World College of the Atlantic au pays de Galles, grâce à l’une des six bourses canadiennes. Elle obtient son baccalauréat en génie électrique en 1986 à l’Université McGill et sa maîtrise en génie informatique en 1990 à l’Université de Toronto.
À l’âge de 28 ans, elle est sélectionnée parmi plus de 5 000 candidats pour faire partie du groupe des quatre nouveaux astronautes de l’ASC. Après avoir suivi sa formation de base, elle est conseillère technique pour le système d’entretien mobile (SEM), un système robotique perfectionné qui est une contribution du Canada à la Station spatiale internationale.
Durant les six années qui suivent, elle reçoit une formation intense en vue d’une mission spatiale. Elle y décroche une licence de pilote professionnel et cumule plus de 120 heures de vol en pesanteur réduite. En 1996, elle obtient son brevet de plongée en eaux profondes dans un scaphandre pressurisé à une atmosphère. Après un entraînement de pilote militaire, elle reçoit le grade de capitaine sur le jet CT-114 Tutor à la base des Forces canadiennes de Moose Jaw en Saskatchewan.
En 1999, elle participe au 26e vol de la navette Discovery à titre de spécialiste de mission et devient la première Canadienne à travailler à bord de la Station spatiale internationale. L’année suivante, elle est élevée au rang d’astronaute en chef de l’ASC, poste qu’elle occupe jusqu’en 2007. En juillet 2009, elle prend part à une deuxième mission à bord de la navette Endeavour en tant qu’ingénieure de vol. Elle compte plus de 1 300 heures de vol comme pilote d’avion et 611 heures de vol dans l’espace.
Entre les missions, elle travaille comme communicatrice de capsule (Capcom), poste spécialisé normalement réservé aux astronautes. Le Capcom est généralement la seule personne à communiquer directement avec l’équipage.
En plus de ses exploits à l’ASC, Julie Payette maîtrise six langues et est chevalière de l’Ordre national du Québec. Elle a aussi chanté avec l’Orchestre symphonique de Montréal.
R. Murray Schafer
Compositeur et professeur de musique
En plus d’être un compositeur de renommée internationale, R. Murray Schafer est reconnu pour ses multiples talents et ses nombreuses réalisations en tant que pédagogue, chercheur, homme de lettres, environnementaliste et artiste visuel.
Né à Sarnia (Ontario), il est diplômé en piano des Royal Schools of Music de Londres.
M. Schafer est l’un des plus importants compositeurs canadiens et compte des uvres dans tous les genres musicaux : de l’opéra aux pièces musicodramatiques, en passant par la musique de chambre et d’orchestre ou encore la chorale et les solos. Ses uvres, telles que Loving (Toi) (1965), Lustro (1972), Music for Wilderness Lake (1979), Concerto pour flûte (1984) et son cycle musical en 12 parties, Patria, illustrent bien l’étendue extraordinaire de sa production artistique.
Ses dix compositions pour quatuor à cordes sont d’ailleurs particulièrement remarquables et témoignent de l’évolution de la musique et de la théorie musicale au cours des deux derniers siècles. Selon le Toronto Star, sa série Patria constitue « le cycle musical le plus imaginatif et le plus ambitieux sur le plan physique jamais produit sur une scène canadienne. »
M. Schafer est également un pionnier et un innovateur dans le domaine de l’écologie acoustique. Il s’intéresse en effet à l’interaction entre les aspects sociaux, scientifiques et artistiques du son. Les résultats de ses recherches dans le cadre du World Soundscape Project sont consignés dans son célèbre livre Le paysage sonore (1977), qui jette les bases de « l’écologie sonore ».
Artiste en résidence à l’Université Concordia en 2005, il a travaillé en étroite collaboration avec les étudiants et la communauté universitaire.
R. Murray Schafer a remporté de nombreux prix et honneurs au cours de sa carrière. Il a notamment reçu le premier prix Glenn Gould, le prix Molson du Conseil des Arts du Canada en 1993, le premier prix Louis Applebaum pour les compositeurs, le prix Jan V. Matejcek de musique de concert décerné par la SOCAN et, en 2009, le prix du Gouverneur général pour les arts du spectacle.


